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Moustache Football Club, réflexion et analyse sur l'actualité du football.

Propriétaires de la Premier League : Bienvenue au village planétaire

Propriétaires de la Premier League : Bienvenue au village planétaire

Avec des revenus estimés à 2,479 milliards d'euros en 2010 (soit 2,3 fois plus qu'en Ligue 1), la Premier League anglaise est le championnat le plus riche du monde, au point de bénéficier d'un rayonnement médiatique planétaire, sans commune mesure avec une autre ligue sportive. Patrie d'origine du ballon rond, elle est aussi celle qui a osé prendre le virage de cet autre football, mondialisé et deterritorialisé suite au rapport Taylor. C'est ce rapport à l'argent sur lequel s'interroge aujourd'hui le Moustache Football Club, devenu le paradis des fortunés qui souhaitent investir dans le football. Qui sont-ils ? D'où émanent leurs fortunes ? Quelles conséquences pour le foot anglais ?

Avec des revenus estimés à 2,479 milliards d'euros en 2010 (soit 2,3 fois plus qu'en Ligue 1), la Premier League anglaise est le championnat le plus riche du monde, au point de bénéficier d'un rayonnement médiatique planétaire, sans commune mesure avec une autre ligue sportive. Patrie d'origine du ballon rond, elle est aussi celle qui a osé prendre le virage de cet autre football, mondialisé et deterritorialisé suite au rapport Taylor. C'est ce rapport à l'argent sur lequel s'interroge aujourd'hui le Moustache Football Club, devenu le paradis des fortunés qui souhaitent investir dans le football. Qui sont-ils ? D'où émanent leurs fortunes ? Quelles conséquences pour le foot anglais ?

Lorsqu'on analyse la carte des propriétaires / actionnaires majoritaires des 44 clubs de Premier League et de Npower Championship, l'on constate que 14 nationalités sont représentées.

 

[cliquez sur cette carte pour l'agrandir]

 


DES ANGLAIS ENCORE PROPHETES EN LEUR PAYS ?

Si c'est le cas au sein de la Npower Championship où 14 des 24 clubs (58%) sont dirigés par un président / actionnaire majoritaire d'origine anglaise, le constat est saisissant en Premier League qui bénéficie d'une couverture médiatique bien plus large. Plus aucun membre du Big Five (Arsenal, Chelsea, Liverpool, Manchester City et United) n'appartient à un Britannique.



LE FOOTBALL AMERICAIN

Derrière, on retrouve une colonie importante d'Américains. trois d'entre eux possèdent un club du Big Five : Malcolm Glazer qui détient Manchester United, Stan Kroenke à Arsenal et le Fenway Sports Group à Liverpool. Aston Villa, Sunderland, Milwall (D2) et Derby County (D2) battent également sous la bannière étoilée. Il est intéressant de constater que la majorité est composée de véritables holdings spécialisées dans la gestion des clubs sportifs. Kroenke (Arsenal) possèdent les Nuggets de Denver en NBA, les Colorado Rapids en MLS, les Colorado Avalanche en NHL et les St Louis Rams en NFL. Le Fenway Sports Group dispose de Liverpool donc, mais également des Red Sox de Boston en MLB et d'une équipe de NASCAR. Glazer dispose lui de Manchester United et des Tampa Bay Buccaneers (NFL) après avoir fait fortune dans l'industrie agro-alimentaire. Enfin, Andy Lerner, chairman d'Aston Villa possède les Cleveland Browns en NFL.



VERS UN FOOTBALL OILIGARCHIQUE ?

En Russie ou dans le Golfe Arabique, on a du pétrole mais pas de football. Qu'importe, si du côté de l'Oural, les conditions climatiques pourtant difficiles ont permis d'attirer quelques noms (Eto'o, Honda, Wagner Love), la greffe prend avec plus de difficultés du côté des championnats de la péninsule arabique. Résultat, quelques-unes des plus belles fortunes mondiales ont trouvé refuge du côté de la Perfide Albion. L'initiateur du mouvement n'est autre que Roman Abramovich, énarque russe et ancien gouverneur qui a su profiter du démantelement de l'empire Sovietique. Fondateur de Gazprom, l' « oiligarque » revend ses parts en 2005 pour un total de 13 milliards de dollars, ce qui lui permet d'investir massivement dans Chelsea, dont il est le propriétaire depuis 2003. Parmi la clique des nouveaux riches russes, on retrouve également Vladimir Antonov à Portsmouth et dans une moindre mesure Alisher Usmanov qui dispose de 29 % des parts d'Arsenal.

Côté Golfe, Mansour Bin Zayed devient propriétaire de l'autre Manchester en 2008 et le foot-business prend alors une autre dimension. 23 milliards d'euros, c'est deux fois la fortune de Abramovitch de Chelsea.



LA POUSSEE ASIATIQUE


Autre phénomène propre au rayonnement de la Premier League, le rachat des clubs par de riches industriels asiatiques. Deux indiens tout d'abord, Venky's limited, groupe pharmaceutique propriétaire de Blackburn et Lakshmi Mittal, magnat de la métallurgie et Tony Fernandes, patron d'Air Asia aux Queens Park Rangers. On retrouve enfin Carson Yeung, Hongkongais à Birmingham, le Malais Vincent Tan à Cardiff et le fondateur des duty-free shop thaïlandais King Power qui s'est accaparé Leicester City. Une tendance qui s'inscrit dans la volonté du championnat anglais de défricher le marché asiatique, immense potentiel de développement économique. En Thaïlande par exemple, Chelsea, Liverpool et Manchester United trustent les espaces publicitaires consacrés au football, loin devant les clubs locaux. Peu de personnes connaissent Arsenal qui n'a certainement pas investi au Royaume du Siam. Dans les boutiques de duty-free, le merchandising à l'image des "Foxes" de Leicester City trônent aux côtés des parfums détaxés et des chocolats belges. Impossible pour ces riches industriels locaux de se positionner dans le Big Five, l'investissement d'image réalisé se fait donc dans les clubs de seconde zone de la Couronne.



STOCK OPTIONS CITY

Berceau de la Révolution Industrielle, le Royaume Uni ose prendre le virage de l'économie financière dès les années 90, quitte à consacrer les ¾ de son PIB au secteur tertiaire et plus particulièrement à l'activité bancaire et aux assurances. Il n'est donc pas surprenant de constater que ce secteur possède le poids le plus important au sein de l'élite footballistique anglaise : 14 des 44 clubs des deux premières divisions appartiennent à un groupe d'investissement ou au secteur bancaire.




Le football suit les évolutions économiques. Longtemps cantonné à la puissance du patronat local, qu'il soit sous la direction d'un grand groupe industriel ou un entrepreneur ayant réussi dans son activité, l'Angleterre est un exemple éloquent de cette transition progressive que connaît l'économie du ballon rond, partagé entre son héritage économique local, sa « spectacularisation » qui conduit de puissantes holdings à se spécialiser dans l'entertainment sportif, les producteurs d'hydrocarbures et les groupes financiers et bancaires.


Transformé en « global village » pour reprendre les termes du philosophe Mac Luhan, la Premier League semble à la fois partout et à tout le monde. Favorisé par une culture plus libérale qu'en France, le développement économique du football outre-manche est paradoxalement la compétition où l'on trouve les poches de contestation les plus virulentes à l'égard de ces dérives : nous vous avions déjà présenté l'AFC Wimbledon [CLIQUEZ ICI], nous pourrions également citer le FC United of Manchester, contestation à l'égard de Glazer, où les nombreuses pétitions qui circulent entre les supporters de Chelsea et Liverpool pour contester l'envie de leurs dirigeants de changer de stade.

Car dans cette économie globalisée, le stade reste l'ultime enjeu d'une partie des supporters, symbole spatial de l'histoire de leur club et dernier ancrage à un territoire, à un quartier et une culture locale. Qui plus est lorsque les nouveaux projets d'enceintes renforcent encore plus les barrières sociales entre les peuples des tribunes...



 

 
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Blafafoire
17 Octobre 2011
Ca me rappelle le rachat de Rover puis Rolls Royce dans les années 90 par BMW qui avaient provoqué bien des remous sur la vente des derniers symboles de l'industrie automobile britanniques à des sociétés étrangères.
C'est le revers de la médaille du prestige économique (et sportif, dans le cas du foot) dont jouit la Grande-Bretagne (enfin l'Angleterre).

Même si ça fait toujours plaisir de voir des présidents diriger leur local club, comme Delia Smith à Norwich, le foot anglais a besoin de l'argent international pour continuer à répondre aux demandes salariales des joueurs, au coûts des infrastructures, etc...

Entre parenthèses, le président des Queens Park Rangers, c'est Tony Fernandes, malaysien, CEO d'Air Asia. Monsieur Mittal n'est "qu'" actionaire à hauteur de 30%.
Arthur Michel
17 Octobre 2011
Exact, tu fais bien de préciser. Mittal est l'une des plus grandes fortunes du foot UK mais pas l'actionnaire majoritaie de QPR.

Merci pour ta remarque. :)
Yannick
17 Octobre 2011
A noter egalement que West Ham a ete achete par des anglais il y a bientot deux ans (les createurs du pret a porte cochon dals l'Albion)
Arthur Michel
18 Octobre 2011
Merci Yannick, à l'instar de mon commentaire précédent, je corrige tout ça dès demain :)

Merci de votre attention !
el mehdi el montathar
29 Août 2016
il ya des gens qui jouent par l'argent il y en a d'autres qui ne trouvent pas de quoi nourrir leurs enfants même juste pour un jour. et nous on y content on va aux stades pour les rendre encore riche, sans penser aux pauvres de la planète et qui meurent de faim tous les jours.

crazy