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Moustache Football Club, réflexion et analyse sur l'actualité du football.

Aulas, Triaud : Président d'horreur

Aulas, Triaud : Président d'horreur

Il régnait dans les tribunes de cette 23e journée comme un parfum d’insoumission, comme un air de provocation, des embruns de coups bas qui font les choux gras des médias. Pas de bol, ce week-end ce n’étaient pas les ultras qui s’avéraient être en cause mais les présidents de club, apôtre de « fais ce que je dis et pas ce que je fais ».

On répète souvent que le football est le miroir de notre société. Il y’a forcément une part de vérité dans cela (et là je ne m’étendrai pas sur la théorie des ensembles) mais il semble exister dans le petit monde du football comme un air de laisser-faire ou valeur et morale ne semble pas avoir de prise quelquefois. Enfin, cela dépend dans quelle tribune vous vous situez. Pour avoir tenté d’accrocher une banderole « raté, on est toujours là », quelques supporters du PSG ont eu droit à une expulsion du stade de la Route de Lorient il y a deux semaines et les supporters de l’OM ont eu droit à leur quart d’heure de célébrité en usant du même média pour invectiver leur joueur d’une manière peu intelligente qui a ému une partie des associations de défense des homosexuels.


Quid des comportements de Jean-Louis Triaud et de Jean-Michel Aulas ce weekend ?


Triaud / Sarkozy : L’incompétence des garants de la loi

Voir le Président bordelais demander solennellement que monsieur Ennjimi n’arbitre plus Bordeaux au soir de la défaite à domicile des Girondins face à Caen en remettant à la fois en cause ses compétences et son impartialité à quelque chose d’assez proche des propos du Président de la République Nicolas Sarkozy à Orléans le jeudi 3 février 2011. Si on peut apprécier la réaction d’une partie du pouvoir judiciaire qui a appelé à la grève de la magistrature sur l’ensemble du territoire national afin de rappeler qu’en France, la séparation des pouvoirs est l’un des fondements de notre République, il serait de bon ton que les arbitres osent rappeler aux présidents de club qu’ils ne peuvent être invectiver de la sorte, qui plus est publiquement. Que Jean-Louis Triaud demande solennellement qu’un arbitre en particulier ne soit plus le garant des règles du football lorsque son équipe jouera à aussi quelque chose de surréaliste. Imaginez un peu un inculpé demandant dans un tribunal à ne pas avoir à faire à tel ou tel juge… Certes, on peut comprendre l’énervement du Président des Girondins suite à la défaite à domicile des siens et de l’erreur d’arbitrage qui conduit à la malheureuse blessure de Gouffran. Mais en remettant en cause les compétences et l’impartialité de monsieur Ennjimi, s’appuyant sur les images au ralenti d’après match,  au révélateur faussé, n'apparaît-il pas injuste de s'en prendre à cet homme pour une seule action , qui plus est aussi litigieuse.


Aulas, ô desespoir

Si l’on découvre un visage plus sombre du président bordelais maintenant que son équipe ne joue plus les premières places, il ne faut plus s’étonner des sorties médiatiques du Président de l’Olympique Lyonnais. Jean-Michel « Caliméro » Aulas n’est plus à son coup d’essai en matière de petites phrases assassines à l’encontre de tous ceux qui oseront s’ériger contre sa marche en avant. Un derby face à Saint-Etienne, c’est l’occasion parfaite pour montrer qu’il n’est pas de ceux qui président un club sans aimer le football. En remettant en cause l’efficacité de la sécurité stéphanoise au moment où un individu lui remet une Playstation suite à ses propos en tribune officielle (« Au moins, l’Olympique lyonnais ne joue pas la Ligue des Champions sur Playstation ») et en narguant le kop stéphanois en levant quatre doigts équivalents au nombre de buts encaissés par leur équipe, on peut se demander ce qui peut bien passer à travers la tête du dirigeant de football le plus influent du moment…Faut-il interpréter qu’un individu jeune ne peut se trouver dans la même tribune qu’un président de club ? Que la frontière entre supporter stéphanois et dirigeant lyonnais se doit d’exister matériellement ?

 


Arrogant, grandguignolesque et interessé, serviette autour du cou en sortant des douches, on sait maintenant que Jean-Michel Aulas est aussi un sacré prétentieux.

 


Moraliser le capitalisme, Pacifier les tribunes, même combat

Ces deux sorties orchestrées ce weekend ne sont pas des coups isolés de la part des patrons du foot français. Souvent à l’encontre d’une décision arbitrale, plus rarement destiné aux autres présidents de club, voire à leurs propres supporters, si il y’a bien un rapprochement à effectuer entre la société française et le football hexagonal, c’est que la classe dirigeante s’arroge des droits qui dépassent l’entendement du reste de la population. Nous n’oublions pas que les deux « Jean-quelque chose »  sont des hommes comme des autres et qu’ils peuvent laisser parler le cœur plutôt que la raison mais ils oublient qu’être responsable de club leurs donnent une responsabilité qui engage l’ensemble des personnes oeuvrant au sein de ces entreprises. Pire, en étant exposé médiatiquement, ils ont l’obligation de posséder une certaine réserve dans leurs propos. Là où l’on condamnerait l’idiotie de l'expression d’un supporter par ses lacunes d’éducation et de discernement, il me semble honteux de laisser passer de tels propos lorsque l’intelligence de ces deux hommes ne semble qu’au service d’une seule chose : faire parler de leurs clubs et faire porter le chapeau à un autre acteur du football français.

Là où l’on demande à des jeunes le dimanche matin de respecter l’arbitre et aux supporters de modérer leur propos à l’encontre des spectateurs adverses, il serait de bon ton que ceux qui dirigent le football professionnel et qui bénéficient d’un temps d’antenne conséquent respectent les valeurs les plus fondamentales qui font la beauté du sport : le respect des règles et de l’adversaire.

 

 

 
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Au delà du strict respect des règles et de l'adversaire, il serait bon que nos amis Présidents de clubs soient moins vulgaires, dans le sens "gros-cul" et qu'ils soient juste des mecs normaux.
Le comportement d'Aulas à St-Etienne est peut-être aussi grave que la banderole antichtis.