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Géographie du football : La Ligue 1 française

Géographie du football : La Ligue 1 française

En 1947, Jean-François Gravier utilise une formule qui fera date dans la géographie française pour parler de la macrocéphalie parisienne (gonflement disproportionné de la capitale) : Il intitule son ouvrage-phare « Paris et le désert français », traduisant ainsi ses craintes d’un territoire métropolitain déséquilibré. La spécificité géographique hexagonale a-t-elle une incidence sur le football français ?

En 1947, Jean-François Gravier utilise une formule qui fera date dans la géographie française pour parler de la macrocéphalie parisienne (gonflement disproportionné de la capitale) : Il intitule son ouvrage-phare « Paris et le désert français », traduisant ainsi ses craintes d’un territoire métropolitain déséquilibré. La spécificité géographique hexagonale a-t-elle une incidence sur le football français ?


Football des villes contre football des champs ?

Les médias traditionnels parlent souvent d’une spécificité du football français qui se traduit par la présence de petites équipes au sein de l’élite :Arles-Avignon ou Boulogne-sur-Mer lors des deux dernières saisons ou Auxerre servent souvent d’images d’Épinal pour argumenter d’un football « nivelé par le bas », où les grandes métropoles françaises (Lille, Lyon, Marseille et Paris) voient leur leadership souvent contesté. Cependant, une analyse rapide des communes accueillant les équipes de Ligue 1 permet de mettre à mal cette observation :

Cliquez pour agrandir le graphique de la population des communes accueillant un club de Ligue 1

 

-         On constate bien sur ce graphique la surreprésentation de la capitale sur la démographie urbaine française, on compte 2.5 fois plus d’habitants à Paris (intra-muros) qu’à Marseille, la seconde ville du pays. Quant à Lyon, il compte près de 2 fois moins d’habitants que la cité phocéenne.

-         Néanmoins, ce déséquilibre avéré du territoire français ne fait pas de la Ligue 1 un championnat de bouseux comme on aime à nous le faire croire : Hormis Nantes et Strasbourg, les 10 plus grandes communes françaises sont présentes en L1. 14 des équipes de Ligue 1 siègent dans une commune de plus de 100 000 habitants. Seul Sochaux compte moins de 10 000 habitants.

-         Si l’on étend l’élite à l’étage inférieur, l’on constate que 24 des 36 communes métropolitaines de plus de 100 000 habitants se trouvent soit en L1 (13) ou en L2 (11).

Cette analyse n’apparaît pas totalement pertinente tant l’échelle de la commune a peu de sens à une époque où l’étalement urbain fait fit des limites communales. L’aire urbaine[1] apparaît comme l’échelle cohérente d’analyse :

Cliquez pour agrandir le graphique de la population des aires urbaines accueillant un club de Ligue 1

 

-         l’aire urbaine parisienne arrive bien sûr en tête et semble même présenter une surreprésentation exacerbée en comparaison avec le précédent graphique. 11 millions d’âmes peuplent la région capitale, soit 7 fois la métropole lyonnaise, deuxième aire urbaine française. Seul Auxerre et Monaco possèdent une aire urbaine inférieure à 100 000 habitants.

-         Au contraire, toutes les villes composant l’élite de notre football sont les centres de leur agglomération, hormis Sochaux (qui appartient à l’aire urbaine de Montbéliard).

En conclusion il apparaît faux de dire que le football français est un football de petites villes. Cette impression semble peut être exacerbée par la surreprésentation démographique de Paris et de sa sous-représentation au niveau de l’élite footballistique, comparé aux 4 autres grands championnats européens.

 

Football du nord contre football du sud ?

Ce qui interpelle lorsque l’on consulte la carte de la localisation des clubs français de Ligue 1 et 2, c’est la relative homogénéité qui règne sur l’ensemble du territoire (ce qui n’est pas vrai dans les autres grands championnats européens). Mis à part le Limousin, la Picardie et l’Alsace, l’ensemble de l’hexagone abrite un club d’un des deux prestigieux étages du football professionnel.  

 

 

Cliquez pour agrandir la carte de localisation des clubs de Ligue 1 et Ligue 2

 

-         La Provence Alpes Côte d’Azur (4 clubs) , le Nord Pas de Calais (3) et la Bretagne (3) sont les principaux fournisseurs de clubs au sein de la Ligue 1 et composent la moitié de l’élite. Si pour les deux premiers cela semble logique puisque il s’agit de deux des régions les plus peuplées et urbanisées, cela s’avère plus surprenant pour la Bretagne. La Rhône-Alpes, deuxième région française (6 millions d’habitants) ne compte quant à elle que deux clubs, les deux frères ennemis lyonnais et stéphanois, mais peut tout de même comptabilisé Grenoble et Evian à l’étage inférieur.

-         Lorsque l’on s’attarde sur la Ligue 2, l’on constate que la localisation des clubs renforce le « Grand Ouest » : 9 des 40 clubs de L1 et L2 se trouvent dans un rayon de 200 km autour de Rennes (Brest, Lorient, Rennes en L1, Angers, Laval, Le Mans, Nantes, Tours et Vannes en L2). Le bon sens nous interdisant d’intégrer les clubs normands en compagnie des Bretons, pourtant géographiquement proche et se trouvant au sein de ce périmètre.

 

Au final, la localisation des clubs est à l’image de la localisation des grandes villes françaises. Ce qui s’explique par un territoire qui s’avère relativement équilibré et « accueillant », topographiquement parlant. Cette impression de football des grandes villes contre celui des petites villes doit plutôt trouver une explication dans l’origine du développement de ces communes : Industriel pour Lens, Saint-Etienne, Sochaux, Valenciennes, Brest, voir Le Havre, Sedan ou Metz en Ligue 2 qui s’oppose aux grandes métropoles dont le développement remonte à une époque antérieure à l’ère industrielle : Lyon, Marseille, Lille ou Rennes…

 


 

 
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