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Le Racing Club de Lens est-il un club archaïque? 3

Le Racing Club de Lens est-il un club archaïque? 3

Dernier des trois articles qui reviennent sur les difficultés du Racing Club de Lens à se confondre dans le football moderne :

Aujourd'hui : Martel, le fer de Lens pendant qu'il est encore chaud


Depuis 3 ans maintenant, on assiste à une déliquescence du Racing Club de Lens, un club qui avait tout de même reçu la distinction de 2ème meilleur club français au cours de la période 2000-2010, cela derrière l’ogre lyonnais. Paradoxalement, Lens traîne la réputation d’un « club familial », aux valeurs et aux supporters d’un autre temps, souvent raillés par les grosses écuries de l’hexagone. Le déclin du Racing Club de Lens s’explique-t’il alors par son incapacité à s’adapter au football des années 2000 ?

Fruit du hasard, Gervais Martel prend la tête du Racing Club de Lens en août 88, après une saison qui a vu le club descendre en Division 2. 20 ans plus tard, jour pour jour, le Racing s’apprête à affronter Nîmes en Ligue 2, cela dans les mêmes conditions. Homme du  bassin minier, supporter du Racing avant tout et patron paternaliste, Gervais Martel ne souffre d’aucune contestation à la tête d’un club qu’il a transformé en 20 ans. Cependant, les derniers échecs des Sang et Or sont en partie imputable à ses paris. Martel est-il encore l’homme de la situation ?

 

A une époque où les présidents de club sont avant tout les représentants des conseils d’administration ou des actionnaires majoritaires qui possèdent le club, on peut se demander si Gervais Martel, comme Louis Nicollin ne fait pas figure d’anachronisme.  Issu de la classe populaire, ayant commencé en bas de l’échelle, Martel offre le profil d’un patron loin du langage technocratique des grandes écoles, au profit d’un franc-parler qui plaît à ses supporters. Passionné, sa présence à la tête de l’équipe n’a jamais été mise en cause par des supporters qui voient en lui un président « du cru ».

Patron au teint rougeaud, il fait parti du packaging des images néfastes que l’on colle au Racing. Cependant l’homme derrière un côté populaire est un vrai homme d’affaires : Patron d’un journal de petites annonces diffusé dans le bassin minier, il fut également président de l’UCPF (Union Patronale des Clubs Pro de Football) pendant 15 ans, principal organisme de lobbying des patrons du foot français. C’est à cette époque que ce dernier se lie d’amitié avec un jeune dirigeant aux dents longues, un certain Jean-Louis Aulas. Gervais Martel est également propriétaire d’un golf aux environs d’Arras ainsi que principal actionnaire dans le club de rugby de seconde division de la même ville. On se souvient à la fin des années 90 de ses sorties « intéressées » dans la presse concernant la négociation des droits télé en faveur des grands clubs, permettant de rendre le football français plus compétitif, ou, dix ans plus tard, en 2008, se plaindre de cette même distribution des droits télés n’avantageant qu’une faible proportion des clubs de l’élite. Et oui…derrière son image de défenseur de la veuve et de l’orphelin se cache avant tout un dirigeant qui défend les intérêts de son club…

Pour de nombreux supporters, le Racing Club de Lens paye la confiance de Martel en Francis Collado, son directeur financier entre 1997 et 2008. Cependant, à partir de 2005, son emprise s’étend également sur la situation sportive du club, imposant ses choix de joueurs lors des transferts. Salaires faramineux, durée de contrat de 5 ans ou plus, la situation sportive et financière du club aujourd’hui lui sont souvent imputées. Lors de la descente de 2008, Gervais Martel souhaite alors reprendre en main l’aspect sportif du club et démet Collado de ses fonctions.


Un président totalement largué? Pas si sûr...

Aujourd’hui, après plusieurs choix contestés, une formation qui peine à porter ses fruits et des résultats sportifs décevants, on est en droit de se demander si Gervais Martel n’est pas en retard sur les autres clubs de Ligue 1 concernant la manière dont il doit gérer son club. Cependant, certaines de ces décisions laissent à penser que Martel n’a pas raté le bon wagon :

 

-         Croire en la formation : En 2002, l’ouverture du centre de formation de la Gaillette s’impose comme un évènement dans le football français, 15 terrains d’entraînement, un dôme couvert, un centre d’accueil pour les jeunes font de cet équipement l’un des plus beaux de l’Hexagone. Certes, il faudra attendre 2008 et les victoires des U17 et U18 à l’échelon national pour que l’investissement porte enfin ses fruits mais il est maintenant de coutume de voir fleurir au sein même de l’équipe première des joueurs formés à Lens tels que Hermach, Sow, Aurier, Pollet, Varane ou Joseph-Monrose alors que des joueurs comme Kakuta (Chelsea), Kolodziejczak (Lyon) ou Roux (Brest) ont su parfaitement s’exporter.

 

-         Vers l’ouverture du capital du club : Octobre 2010, Gervais Martel annonce l’ouverture du capital du club et le changement du conseil de surveillance de la holding qui détient le club GM Finances (GM pour Gervais Martel). Il reste l’actionnaire majoritaire du club devant le Crédit Agricole qui détient plus d’un tiers du club et accueillent 3 nouveaux acteurs : Philippe Beauchamps, président du directoire de Ramery (société de BTP), François Beharel, PDG de Randstad France et Jean Bernou, patron de Mc Cain Europe. Ces nouvelles arrivées laissent augurer de nouvelles perspectives pour le club et c’est aussi probablement une manière pour Gervais Martel de préparer son départ à moyen terme, si le Racing se maintient ou à court terme, en cas d’une nouvelle relégation 

 

-         Un projet de rénovation de Bollaert en "accord avec son époque" : Si le Racing se maintient et si son stade est retenu pour accueillir l’Euro 2016, Bollaert bénéficiera d’une capacité de 45000 places (contre 40 000 actuellement), d’un accroissement de son nombre de loges et les réflexions sont en cours quant à l’implantation d’activités commerciales (galerie marchande, restaurants, hôtels) aux abords du stade. Fortement inspiré de la rénovation des stades allemands, le naming est une hypothèse qui n’est pas encore écartée et les dirigeants du Racing réfléchissent à des partenariats innovants, comme un billet permettant d’associer entrée au stade et au musée du Louvre II, bientôt implanté à quelques centaines de mètres.

 

Ainsi, Gervail Martel semble rattraper le retard causé par la descente de 2008 mais également par la gestion chaotique qui a conduit à cette situation. L'année en cours s'annonce charnière pour le club, tant au niveau financier que managérial. Beaucoup avait pensé (et moi le premier) que la relégation pouvait s'avérer être une purge salutaire et un retour à des valeurs plus modestes. Lens "bricole" ses compositions tous les samedis depuis 2 saisons, la "génération dorée"  (Aurier, Varane, Kondogbia, Hazard...) arrive petit à petit à maturité et tout un peuple attend son avènement en équipe première. Encore faut-il que le RCL se maintienne cette année...

 

 

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Consultez notre dossier "Le Racing Club de Lens est-il un club archaïque?" :

 

- Une composition tactique des années 90

- Les supporters : Lens et trompette? de l'histoire ancienne

 

 

 
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