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Géographie du football : La Liga d'Espagne

Géographie du football : La Liga d'Espagne

Comme nous l’avons vu lors de nos deux précédents articles, l’implantation historique du football est surtout en Europe le fait d’une anglomanie sportive dont nombre de bourgeois et aristocrates étaient férus et d’une diffusion dans les laboratoires de la modernité : ports, métropoles et autres centres industriels. L’Espagne ne déroge pas à la règle...

Comme nous l’avons vu lors de nos deux précédents articles, l’implantation historique du football est surtout en Europe le fait d’une anglomanie sportive dont nombre de bourgeois et aristocrates étaient férus et d’une diffusion dans les laboratoires de la modernité : ports, métropoles et autres centres industriels. L’Espagne ne déroge pas à la règle...


 

Un territoire contraignant

L’Espagne compte 45 millions d’habitants au recensement de 2007 sur un territoire de 504 000 km², soit une densité de population de 87.41 hab/km². L’Espagne souffre de contraintes topographiques et climatiques concentrant les populations sur les côtes. Madrid est l’exception puisque située au centre du pays, elle concentre 5.9 millions d’habitants.

 

Cartographie des clubs espagnols de la Liga en 2011
Localisation des clubs de Liga Espagnole en 2011 [cliquez pour agrandir]


Le football hispanique est donc tributaire de ces contraintes : Hormis les 3 clubs madrilènes (Real, Atletico, Getafe) et Saragosse, toutes les équipes de Liga se situent dans une ville portuaire ou dans un arrière-pays possédant une façade maritime : Osasuna (située à Pampelune, capitale historique du Pays Basque) et Séville (capitale d’Andalousie).



L’héritage britannique et…hélvétique

Bénéficiant de nombreuses façades maritimes, nombreux clubs doivent leurs origines à l’émigration britannique. L’Athletic Bilbao voit ainsi le jour en 1896, fondé par des étudiants basques ayant étudié au Royaume-Uni qui avaient découvert le football en regardant évoluer les joueurs du Bilbao Football Club, une équipe créée au début des années 1890 par des ouvriers britanniques venus travailler dans les usines sidérurgiques et les chantiers navals du Pays Basque. Le Huelva Recreation Club et le FC Séville doivent leurs noms anglophones à cet héritage britannique.

Moins connu, l’influence helvétique est aussi à l’origine de l’expansion du football dans la partie méridionale de l’Europe. Attiré par l’air pur des montagnes, la Suisse devient une destination à la mode l’été de l’aristocratie londonienne qui y avait déjà envoyé sa progéniture dans des établissements scolaires dont le cosmopolisme va participer à l’étalement de la fièvre du ballon rond. Entreprenants et voyageurs, on doit à Hans Gamper la fondation du Football Club de Barcelone en 1899 en s’associant à des citoyens suisses, anglais, allemands ou autrichiens. Les couleurs blaugrana du club catalan sont d’ailleurs un héritage du FC Bâle.



Revendications régionalistes et Football

Plus que dans n’importe quel autre pays européen, le football espagnol sert la cause politique et identitaire du territoire dans lequel il s’inscrit. La devise du FC Barcelone « Mes que un club » (Plus qu’un club) résume bien l’importance qu’a le club dans l’exposition de la culture catalane.  La Masia, bâtiment qui abrite le centre de formation barcelonais s’impose le recrutement de ses pensionnaires en Catalogne, puis en Espagne et enfin dans le reste du monde.

Même son de cloches du côté Basque, l’Athletic Bilbao dispose également d’une « Cantera » (littéralement, d’une «mine ») académie de jeune qui puise dans les meilleurs éléments du gisement local. Connu pour n’accueillir que des joueurs aux origines basques, son voisin et rival, la Real Sociedad apparaît plus souple, malgré lui aussi un centre de formation reconnu.



Le Real Madrid, Real Majorque, Real Saragosse et Real Sociedad, quatre des huit clubs engagés en Liga autorisés à utiliser le suffixe "Real" dans son appellation et à arborer la couronne de la famille royale : héritage du parrainage du Roi Alfonso XIII

 

Le Real Madrid, symbole du centralisme (le suffixe « Real » vient de l’époque où le Roi Alfonso XIII était parrain du club), concentre alors une partie des griefs formulés contre l’union nationale de façade qui a longtemps primé en Espagne. En 2009, lors de la finale de la Coupe du Roi qui oppose Bilbao et Barcelone, l’entrée du Roi et l’hymne sont copieusement sifflées. C’est dire…

 

 
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