Accéder au menu

Moustache Football Club, réflexion et analyse sur l'actualité du football.

Racing Club de Lens : requiem for a mine

Racing Club de Lens : requiem for a mine

Aucun fond de jeu, aucune réaction, un public qui encourage l'équipe adverse, un président qui pète un plomb, le torchon brûle au Racing Club de Lens, l'incendie se propage en cuisine et les carottes sont cuites : Chronique d'un médecin légiste sur le cadavre encore chaud du club à la lampe de mineur...

Aucun fond de jeu, aucune réaction, un public qui encourage l'équipe adverse, un président qui pète un plomb, le torchon brûle au Racing Club de Lens, l'incendie se propage en cuisine et les carottes sont cuites : Chronique d'un médecin légiste sur le cadavre encore chaud du club à la lampe de mineur...




László Bölön’in the dark

Arrivé le 2 janvier 2011 en lieu et place d’un Jean-Guy Wallemme au bout du rouleau, László Bölöni, connu pour son intransigeance et sa fermeté, semble déjà avoir atteint ses propres limites, cela après 2 petits mois d’exercice…Pourtant, l’arrivée du technicien roumain semblait avoir eu son petit effet : un nul en amical face à Dortmund, leader du championnat allemand, une défaite anecdotique en Coupe de France au Parc (1-5) face au PSG puis deux victoires face à Saint-Etienne (1-2) puis Caen (0-2) laissaient augurer de jolis lendemains…Et puis le Racing retombe dans ses travers : plus aucune victoire depuis le 22 janvier, 3 petits points pris lors des 7 derniers matchs, soit deux fois de moins de points que Wallemme lors de ses 7 derniers matchs à la tête de Lens !




Des rumeurs de couloir indiquent que Bölöni serait lâché par son vestiaire, lui reprochant d’en demander trop lors des entraînements, ce qui usent les organismes les soirs de matchs ! Plus que ces rumeurs, ce qui inquiète c’est la qualité de jeu affichée par les Lensois. Appelé au chevet du Racing pour ses errances défensives, Le technicien roumain a su remettre un peu d’ordre derrière (le duo Varane / Queudrue a été encourageant…avant qu’il ne repositionne le premier en milieu défensif et que l’ancien joueur de Birmingham ne se blesse) mais propose un système tactique trop peu offensif : le 4-5-1 assure une bonne assise défensive à l’extérieur mais n’offre aucune solution lorsque les Lensois doivent faire le jeu à domicile ! Pire, lorsque les Lensois encaissent un but, il leurs est impossible d’égaliser, ne disposant pas d’assez de ressources en attaque pour arracher le match nul…

 



Il est écrit dans les évangiles, chez les Mayas et Nostradamus que si le Démont ôte son casque de Platine, l'Apocalypse est proche, on vous aura prévenu.



Hormis les choix tactiques, il y’a les choix humains effectués par le coach qui laissent perplexes : Runje, Démont ou Maoulida ont été décrié lors de la fin de règne de Jean Guy Wallemme. Qu’importe, Bölöni leurs assure sa confiance dès les premiers matchs… Si il me semble difficile d’incriminer l’envie de Démont tant celui-ci se démène sur un terrain, je suis plus sceptique quant à la présence du portier croate, apathique sur la plupart des buts encaissés par le Racing. Maoulida, repositionné sur le côté ne semble pas correspondre au profil recherché pour un poste d’ailier et semble faire les frais du dispositif tactique, peu à même de favoriser les attaquants nordistes.



Gervais martèle du poing sur la table

Si on l’avait vu jusque là confiant et empli d’un optimisme de façade quant à la situation critique de son club, Gervais Martel semble avoir compris la gravité dans laquelle se trouve le RCL. Il aura fallu un coup de gueule de plus de Bollaert pour que le brave Gervais semble enfin prendre la situation en main. Résultats, sa communication change. Fini le laxisme et le retrait, Martel reprend en main l’aspect sportif du club. On s’était déjà interrogé sur l’archaïsme de la gestion du président sang et or [cliquez ici] et l’on peut estimé que ce coup de semonce ne changera pas grand-chose à la qualité du jeu pratiqué sur la pelouse d’Artois. Plus qu’un coup de clairon censé rameuter les troupes lensoises, cette intervention est plus un chant du cygne pour le président lensois qui continue de signaler qu’il ne lâchera pas le RCL, cela même si celui-ci est relégué. Difficile de croire en son discours lorsqu’on sait qu’il a lâché une partie du capital de GM Finances à qui appartient le club.


[Jetez un oeil ici sur l'intervention de Gervais Martel suite à l'article paru lundi dans l'équipe]




 Quel avenir pour le Racing Club de Lens ?

A dix journées de la fin du championnat, Lens accuse 4 points de retard sur le premier non relégable, ce qui est résiduel bien sûr . Mais le calendrier fait peur à voir pour le club artésien : lors des 3 prochains matchs, Lens ira à Montpellier et Lyon et recevra Marseille. Sur les 7 matchs restants, Lens se déplacera 4 fois chez un prétendant à la relégation : Auxerre, Caen, Monaco, Nancy, recevra Arles, Bordeaux et Lorient pour des matchs d’une importance moindre.

Il y’a donc peu de chances que le Racing Club de Lens soit présent en Ligue 1 pour l’édition 2011-2012. Pire, ce que l’on appelle la jurisprudence « Strasbourg – Metz – Nantes – Guingamp » indique qu’une équipe qui fait « l’ascenseur » en moins de 3 saisons a peu de chance de s’installer durablement parmi l’élite. Rajoutons encore une couche : la décision visant à décider des stades qui accueilleront l’édition 2016 de l’Euro [cliquez ici pour lire notre article] risque de passer sous le nez de Bollaert.

En ratant le train de la modernisation des stades hexagonaux, Lens risque de se compliquer encore plus la vie. L’explosion de la bulle des transferts va encore compliqué les comptes du RCL : en ne spéculant plus sur le transfert de ses joueurs, beaucoup partiront libres dès le mois de juin : Queudrue, Démont, Touré, Doumeng, Sertic, Roudet, Sidi Keita, Akalé seront libres à la fin de la saison. On peut penser que Touré et Queudrue seront prolongés mais quid de l’héritage Collado / Guy Roux / Ligue 2 ? Il y’a fort à penser que Lens s’appuiera sur ce qui fait sa fierté depuis seulement quelques années : sa formation.



Le terril jeune

Que Lens soit en Ligue 1 ou en Ligue 2, son avenir passe par sa jeunesse. Dans les écumes de cette saison, le Racing Club de Lens peut être fier d’avoir fait émerger quelques perles : Serge Aurier (18 ans), Raphaël Varane (17 ans), Samba Sow (21 ans), David Pollet (22 ans) sont souvent présent sur le terrain et sont les futurs piliers du club. L’endettement du club déterminera si il est possible de les fidéliser. Lens est finalement descendu à la pire des périodes en 2008. Avec la crise économique et financière, les clubs se voient dans l’obligation de réduire la masse salariale et de faire attention sur le marché des transferts. En misant sur des joueurs rôdés à la Ligue 2 (Chelle, Doumeng, Roudet) et en ne sachant pas brader l’héritage Roux / Papin, le Racing Club de Lens se retrouve aujourd’hui avec un effectif totalement lessivé.

Contraint à se limiter sur le marché des transferts (En 2 ans, on ne compte à Lens que 3 arrivées : Eduardo, Bedimo et Queudrue), le Racing Club de Lens doit surtout travailler sa cellule de recrutement car Lens ne pourra compter sur ses seuls juniors. C’est là que se trouve une partie de la future réussite du Racing. Il faut aussi compter sur un public fidèle et – quoiqu’en dise Pierre Ménès – hors du commun. Aucun autre club en France n’accepterait un aussi piètre spectacle depuis près de 3 ans sans constater une baisse significative de son affluence dans les tribunes.

Dans l’optique d’une rénovation du stade et d’une augmentation des recettes liées à l’affluence, il y’a fort à parier que le Racing Club de Lens pourra bénéficier d’un bassin de population quasiment unique dans l’hexagone. Avec la 3e affluence en Ligue 1 cette année, le club peut compte sur une manne financière fidèle. Mieux, la proximité du futur Louvres II pourra peut être permettre d’attirer une population de néophytes et occasionnelles, peu enclin à soutenir mais plus à même de consommer.

Cependant, l’application d’un nouveau modèle économique s’effectue sur 5 à 10 ans…une perspective temporelle que peu de supporters et de journalistes peuvent se permettre d’avoir, tant le football semble contraint de se limiter à des objectifs de rentabilité immédiate…



 

 
commentez cet article
Chargement
babarex
20 Mars 2011
Lens a gagné à Toulouse, est-ce le champ du cygne ? ou le match était t'il arrange ? les commentaires d'après match du Lou lou ,laissent planer un doute . A mon avis les carottes sont cuites ,ou il faut croire au miracle