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Moustache Football Club, réflexion et analyse sur l'actualité du football.

Et Inde et deux et trois zéro

Et Inde et deux et trois zéro

Avec 1,2 milliards d'habitants recensés en 2011, l'Inde est le deuxième pays le plus peuplé de la planète avec une population qui augmente de 2 régions d'Île de France chaque année. Un pays qui occupe donc une place prépondérante au sein du continent asiatique mais qui n'occupe que la 145e place du classement FIFA. Le Moustache Football Club revient sur hindou rêve d'un pays converti au football et qui n'a jamais pris.

 

Avec 1,2 milliards d'habitants recensés en 2011, l'Inde est le deuxième pays le plus peuplé de la planète avec une population qui augmente de 2 régions d'Île de France chaque année. Un pays qui occupe donc une place prépondérante au sein du continent asiatique mais qui n'occupe que la 145e place du classement FIFA. Le Moustache Football Club revient sur hindou rêve d'un pays converti au football et qui n'a jamais pris.


 

REAL FOOTBALL VS. BOOTBALL

Paradoxalement, le football en Inde est presque aussi vieux que les origines du sport. Selon Dutta Ray, les premières traces d'une rencontre de football telle qu'on la connaît se trouvent en 1868, entre des étudiants d'Eton, soit 5 ans après la séparation historique du football et du rugby. Rien de bien surprenant lorsqu'on sait que « la perle de l'empire » tissait des liens étroits avec la Métropole britannique et que le football s'est développé dans les carcans de la modernité que sont les ports ou les grandes villes industrielles.

Cependant, le « people's game » ne perce pas et cela pour plusieurs raisons :

 

  • L'élite britannique est représentée par l'armée et l'instauration d'un professionnalisme ne sied pas avec les principes de sacrifice et de devoir du pouvoir impérial. Comme le signale Paul Dietschy : « le cricket, par sa distinction gentlemen / players permet de pérenniser la révérence sociale et la violence du rugby et son intégrisme des dirigeants à préserver l'amateurisme collaient parfaitement à l'uniforme bien coupée des armées de sa majesté ».
     
  • Un sport qui se concentre uniquement dans les environs de Calcutta, à l'est du pays, au sein du Bengale occidental. La ville est alors choisie par les Anglais en tant que capitale et compte nombres de régiments afin de lutter contre la résistance bengali. On ne trouve aucun autochtone au sein des équipes, leurs préférant les Sikhs, fidèles à l'empire et « de meilleure constitution ».
     
  • Le football contrevenait avec les croyances hindoues, la matière utilisée pour fabriquer les ballons, le cuir, la peau d'un animal mort suscitait la répulsion et lorsque le ballon touchait le visage, il nécessitait alors un nettoyage.
     
  • De plus, les différentes castes pouvaient-elles jouer au sein d'une même équipe ? L'entrée d'un potier au sein du Wellington club suscita le débat en 1887.


Le football indien fut aussi le catalyseur des tensions entre ethnies et impérialisme britannique. En 1911, le club hindou de Mohun Bagan remporte la finale de l'IFA Shield (Coupe d'Inde) face l'équipe du régiment de l'East Yorkshire. Suite à cette victoire, les joueurs se rendirent au temple de Kali, où ils furent acclamés par des Musulmans.

Fédérateur dans ce rare cas, il fut aussi l'occasion d'exprimer une forme de communautarisme par l'intermédiaire du club musulman du Mohammedan Sporting Club. Du côté de Londres, la victoire du Mohun fut interprétée comme le triomphe de l'impérialisme britannique étant donné que les Indiens avaient assimilé les règles et l'éthique sportive de la perfide albion. Du côté des indépendantistes indiens, on insiste sur l'indigénisation du football, les Hindous victorieux pratiquaient leur jeu à pied nu, ce qui fera dire au capitaine des Corinthians en tournée en Inde en 1938 : « Seuls les Indiens jouent le vrai football, les Européens jouent plutôt le bootball ».



UNE REFONTE DU CHAMPIONNAT POUR PROMOUVOIR LE FOOTBALL INDIEN

Un peu comme aux Etats-Unis avec la MLS, le football indien s'offre une seconde jeunesse en 2007 avec la création de la I-League qui remplace la National Football League (oui, la NFL). Pour la première fois, les clubs sont autorisés à accueillir 4 étrangers, dont 3 pouvant être présents sur la feuille de match. La politique de la fédération se veut incitative en ce qui concerne la formation, chaque club se voit reverser une subvention de 250 000 roupies (approximativement 4 000€) pour la mise en place d'une équipe de U19. A l'instar des réflexions européennes, l'Inde souhaite aussi populariser le « people's game » auprès du public en réduisant les charges qui pèsent sur les clubs en terme de stades et en les rendant responsables de la vente de places.

 

Localisation des clubs de I-league pour l'édition 2010-2011 (cliquez pour agrandir)

 

 

La localisation des clubs de I-league est tributaire de l'héritage colonial britannique : les 14 clubs de la première division se situent dans 8 villes : Bombay, Calcutta et Goa accueillent chacun 3 clubs. Afin de professionnaliser les équipes, la plupart des clubs appartiennent aux grandes entreprises nationales : HAL (Aéronautique), Dempo (mines), Air India (compagnie aérienne), JCT (textiles) sont 4 exemples d'entreprises qui ont donné leurs noms aux clubs locaux. Un football assez proche de celui de l'Europe lors du passage de l'amateurisme au professionnalisme, puisque les joueurs sont considérés comme des salariés de l'entreprise (un peu comme au Japon également lors de la création de la J-League).

Calcutta, lieu historique du football indien accueillent les clubs les plus populaires du pays en la personne du Mohun Bagan et de l'East Bengal. Les 3 clubs de la ville partagent le plus grand stade du pays : le Salt Lake Stadium, une enceinte de... 120 000 places.

 

        

Le Salt Lake Stadium de Calcutta, énorme enceinte de 120 000 places


A noter que l'ONGC FC de Bombay, club sponsorisé par la compagnie pétrolière du même nom donne également son nom au championnat : un peu comme si Orange décidait de mettre en place une équipe en Ligue 1...


LA FILIERE NIGERIANE

Le nombre de joueurs étrangers étant fortement limité afin que l'I-league sert avant tout l'équipe nationale, on constate que la filière nigériane est fortement implantée dans les clubs indiens : Sur la cinquantaine d'étrangers jouant en 1ere division indienne, la moitié vient de Lagos. Une surreprésentation qui trouve une explication dans la langue et une religion commune, facilitant l'adaptation. Le second contingent principal est composé de Brésiliens, au nombre de sept. On retrouve ensuite des Australiens (3), des Japonais (3), de nombreux africains de diverses origines (6) et même un Népalais (1). Des aventuriers soucieux de découvrir une autre culture en même temps que de pratiquer leur sport et qui n'ont jamais eu de chances de percer dans leurs pays mais qui surclassent les joueurs locaux : dans le classement des meilleurs buteurs, le premier indien n'est que huitième...

L'attaquant nigérian Odafa Onkeya Okolie survole la compétition car en 4 ans de présence au sein de l'élite du football indien, il a inscrit 94 buts en 84 apparitions avec le club de Churchill Brothers...Messieurs les fans de Football Manager, vous savez ce qu'il vous reste à faire !



OBJECTIF COUPE DU MONDE 2018

Autre particularité du football indien, l'Indian Arrows de New Dehli puisque l'équipe appartient...à la fédération indienne de football. L'équipe managée par l'anglais Des Bulpin (qui a découvert Peter Crouch) a un seul objectif : former une génération de joueurs de moins de 23 ans capable d'accrocher la qualification à la Coupe du Monde 2018. Elle ne compte donc que des joueurs d'origine indienne.

Il y'eut bien l'invitation lancée par la FIFA en 1950, au Brésil, mais l'Inde décide de déclarer forfait, officiellement par manque d'entraînement, mais la légende retiendra que les joueurs indiens avaient refusé de participer à la compétition car ils préféraient jouer pieds nus, ce que la FIFA interdisait.

A son palmarès, l'Inde ne peut se targuer que d'une South Asian Football Federation Cup en 2005 et de l'Asian Football Championship Challenge en 2008, regroupant les équipes les plus faibles du continent asiatique mais qui permet au vainqueur de participer à la Coupe d'Asie des Nations. Malheureusement, l'Inde n'engrengera aucun point en poule, étant successivement défaite par l'Australie, la Corée du Sud et le Bahreïn, sur des scores, à chaque fois très lours (3 buts marqués, 13 encaissés...en 3 matchs). Une équipe qui a encore du chemin à parcourir pour se confronter aux meilleures équipes du continent...


♦ Si vous désirez approfondir votre connaissance du football indien, nous vous conseillons la lecture de ce blog : Sports Keeda


 

 
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J'avais fait un article sur l'absence de l'Inde à la Coupe du Monde brésilienne de 1950 sur Memosport. A lire ici si y'a des intéressés
http://www.memosport.fr/1950-lincroyable-forfait-de-linde.html

il est vrai que c'est fou qu'un pays aussi nombreux n'arrivent même pas à concurrencer la Chine par exemple
nembot talla rodrigue
11 Juillet 2011
bjr je suis rodrigue je suis footbaleur

jemerais venir faire les test pour pouvoir rejoindre l`equipe
je suis cameroonais de nationalite mait actuelement je suis inde
poste,laterale et millieu deffensive
merci
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