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Moustache Football Club, réflexion et analyse sur l'actualité du football.

L'année où l'on a coupé le sifflet des arbitres de Ligue 1

L'année où l'on a coupé le sifflet des arbitres de Ligue 1

Comme chaque année, les arbitres reprennent leur canne de prêcheur d'une main et le règlement de l'autre pour sensibiliser les,joueurs. Une démarche plutôt noble afin d'éviter des sanctions qui peuvent s'avérer incompréhensibles une fois tombée. Mais comme à chaque saison, il suffira d'une première polémique pour faire voler en éclat les belles promesses d'un respect mutuel...

Comme chaque année, les arbitres reprennent leur canne de prêcheur d'une main et le règlement de l'autre pour sensibiliser les,joueurs. Une démarche plutôt noble afin d'éviter des sanctions qui peuvent s'avérer incompréhensibles une fois tombée. Mais comme à chaque saison, il suffira d'une première polémique pour faire voler en éclat les belles promesses d'un respect mutuel...



UNE SAISON 2010-2011 TRÈS SOMBRE POUR LES HOMMES EN NOIR

A bien y penser, la saison écoulée pourrait s'intituler "seul au monde" pour les arbitres tant les acteurs gravitant autour du football les ont lâchés. Alou Diarra (ex-FCGB), pourtant capitaine, s'en prend physiquement à M. Bien lors de la rencontre face à Auxerre : 6 matchs de suspension. Son président, Jean-Louis Triaud appelle publiquement à ce que M. Ennjimi n'arbitre plus jamais les Girondins.






Hormis joueurs et présidents, qui défendent leurs intérêts, le plus surprenant coup derrière la tête des hommes au sifflet viendra de la FFF elle-même. Le 6 mars, les arbitres appellent à retarder le match de quelques minutes afin de sensibiliser sur leur situation de plus en plus fébrile. Réaction disproportionnée de la fédération et de la Ligue qui suspendent l'ensemble des officiels pour les remplacer par leurs homologues de National...un clou de plus dans le cercueil de leur crédibilité.

En coulisses, et bien les chaines se gaussent. Principal lobby de l'instauration d'un arbitrage video, les erreurs commises par les arbitres sont décortiquées à 100 images/seconde, font l'objet de débats passionnés le,dimanche soir et lors des talks où un ancien arbitre à l'éthique douteuse revient sur les cas les plus litigieux de la journée achevée.

Longtemps taboue, la critique à leur égard fut décomplexée la saison dernière.



QUINIOU L'OPPORTUNISTE

Résultat, les arbitres de Ligue 1 commencent l'année en faisant profil bas. Bertrand Layec reconnaît même que durant l'intersaison "ils ont fait un travail sur eux-mêmes". Certes, certains "cowboys" du sifflet (coucou Tony Chapron !) ont fait preuve d'écart qui ont pu nuire à l'image de leur corporation mais qu'est ce qui justifie que les garants des règles s'écrasent ainsi ?

Cette volonté d'éviter une nouvelle année de galère, elle émane de Marc Batta, directeur national des arbitres. Ce dernier pourrait d'ailleurs faire office de fusible avec l'arrivée de Noël Le Graet à la tête de la FFF. Lassé des polémiques et soucieux de renvoyer l'ascenseur aux clubs de l'élite qui ont favorisé son accession, il se dit que Le Guingampais serait tenté de faire confiance au duo Quiniou-Sars pour remettre à flot l'arbitrage français.

Quiniou et Sars, deux consultants de Canal Plus en guerre ouverte avec le clan Batta qu'il juge être un représentant absent et peu influent, attendent leur heure, comme l'indique Bruno Derrien dans "À bas l'arbitre". Avec l’éviction d'Escalettes qui ne supportait pas le père Joel, ce dernier multiplie les contacts en coulisses pour retrouver une place un peu plus honorable que celle de faire-valoir d'Olivier Rouyer...



L'INDISPENSABLE NÉCESSITÉ DE PROTEGER LES ARBITRES

C'est donc dans ce climat tendu, entre fautes à moitié avouées, repentance et guerres de clochers que va s'ouvrir la nouvelle saison des arbitres français. Cette ambiance influe sur notre perception de la crédibilité de Turpin et de ses collègues. Comment ne pas être influencé par l'avis d'un Quiniou sur un plateau qui a visionné 20 fois les images d'une action litigieuse alors que ce dernier cherche avant tout à faire choir le présent DNA de son siège ?

À défaut de faire taire des individus qui ne font qu'exposer leurs avis, il nous apparaît indispensable que les arbitres soient protégés. Pour cela, nous recommandons les solutions suivantes :

- a l'instar du rugby, limiter le droit au dialogue avec l'arbitre au seul capitaine de chaque équipe.

- orchestrer un débriefing en fin de match entre capitaines, arbitres et entraîneurs afin d'apaiser les potentielles tensions.

- augmenter le nombre d'arbitres. Le football est le sport au rapport superficie de l'aire de jeu / nombre d'arbitres parmi les plus bas. Pire, la rapidité du jeu étant sans équivalent dans un autre sport, il est très difficile pour un seul homme, en général plus âgé et moins entraîné que des joueurs d'un vingtaine d'années, de suivre le match à distance convenable.


Des révolutions ? Non, car ces quelques idées sont déjà plus ou moins mises en œuvre. Alors ? Où réside le problème ? Et bien c'est au niveau du traitement médiatique qu'il faut innover pour protéger les hommes en noir...



DONNER LES MOYENS AUX PARTISANS DE LA VIDEO DE MONTRER QU'ILS SE TROMPENT

à écouter une partie des pros arbitrage vidéo, l'arrivée de ce supplément technologique permettra de résoudre une partie des problèmes qui nuisent à l'arbitrage contemporain. Soit. Mais jusqu'ici, aucun n'a réussi à détailler l'utilisation qui doit être fait de l'arbitrage vidéo. Quant l'utiliser ? Sous quelles conditions ? Faut-il arrêter le jeu ? Faut-il limiter son nombre d'utilisation comme au tennis ou au hockey ?

L'exemple que j'ai en mémoire et qui me semble pertinent, c'est cette finale de Coupe de la Ligue 2008 entre le Racing Club de Lens et le PSG. Il ne reste que quelques secondes à jouer, Luyundula s'échappe, Hilton fait faute dans la surface, pénalty. 2-1 pour les Parisiens, le trophée est à eux. En revoyant les images et en étant présent au stade, sous trois angles différents, j'ai changé 8 fois d'avis sur la pertinence de siffler la faute. Imaginez ainsi que cette hésitation est identique chez une grosse partie des supporters lensois. L'idéal étant de s'en remettre à l'avis de l'arbitre non ? Il y a faute puisque l'arbitre l'a sifflé. Point.

 


Lens Psg 1-2 Mendy Penalty par DEXTER774

 

Plus récemment, même constat pour le Trophée des Champions. Lillois et Marseillais sont au coude à coude puis vinrent deux pénalties dont le dernier s'avère soit-disant litigieux. Revoyons donc les images :

 

 

 

Certes Ayew exagère sa chute, mais sur ces images, y'a t'il eu contact ? Sur le premier penalty en faveur des Olympistes, Ayew n'amplifie-t'il pas également sa chute ? En les revoyant plusieurs fois, rien ne permet d'invalider la décision de l'arbitre, alors imaginez lorsque celui-ci doit prendre une décision en moins de temps qu'il ne faut pour dire Rabesandratana...

 



 

Autre exemple éloquent du flou qui règne autour de l'arbitrage vidéo, prenons l'exemple du 1/8e de finale entre l'Angleterre et l'Allemagne en 2010. 33 cm, ce n'est pas ce qu'a dû s'enfiler chaque supporter anglais après le match mais bien la distance qui sépare le ballon dans le but et la ligne. Imaginons maintenant que les Allemands, sur leur contre-attaque, aient marqué. Première interrogation, quand aurait-il fallu interrompre le jeu pour constater qu'il y avait réellement but ? Il se passe 10 secondes pour que les Allemands se retrouvent face à Robinson et 20 secondes pour que celui-ci subisse la frappe. Un « arbitre vidéo » aurait-il eu le temps de 1- prendre conscience du litige, 2- s'assurer du mauvais jugement de son alter sur le terrain 3- communiquer l'information à l'arbitre principal qui doit alors arrêter le jeu, le tout en 10 secondes ? Si la technologie aide, c'est à l'homme de prendre la décision. Un système électronique pour indiquer si le ballon est rentré ou pas ? Pourquoi pas, mais ce genre de litige est rare, on en compte moins que de doigt sur la main d'Henry. Et pour quel coût ? Quel rentabilité d'un tel système si son utilité s'avère sporadique ?

Bref, autant d'exemples qui démontrent que la vidéo à tout va n'est pas la solution à tous les problèmes comme l'on souhaite nous le faire croire.

En les mettant face à leurs propres contradictions et approximations, les « pro » perdront forcément en crédibilité, face à un discours « anti » déjà savamment rôdé. Le problème réside principalement dans l'occupation de l'espace médiatique. Le média télévisuel, principal partisan de cette révolution, est forcément mieux disposé à promouvoir sa parole face aux défenseurs d'un arbitrage « humain ».

Car au final, la télévision cherche plus à façonner le football à son image qu'à se rapprocher de la « réalité du terrain » (si bien même mon esprit kanto-schopenhauerien me pousse à m'interroger sur ce qu'est véritablement le « réel » mais bon...si je commence à parler de philosophie, vous allez préférer aller consulter Le 10 Sport...). Cette volonté irascible de voir en la vidéo la solution à tous nos problèmes a quelque chose de vaguement populiste et compulsive, la solution de facilité pour un journalisme sportif qui refuse de voir le football comme ce qu'il est : une pratique sportive, encline aux erreurs d'appréciation et qui peut parfois être chiant à mourir.

 

Afin de promouvoir le foot-spectacle, Pierre Ménès a décidé de fusionner
avec Sophie Favier afin de démontrer qu'entertainment et sport sont possibles.


 

LE FAIT-DIVERS ET L'INVERSION MEDIATIQUE

Quel échappatoire pour l'arbitrage ? Dans cet univers médiatique qui recherche avant tout le buzz, il n'y a aucun intérêt à débattre sur l'arbitrage vidéo. En se posant en propriétaire de la vérité « puisque les images le prouvent » mais en sachant pertinemment que son utilisation n'améliorerait pas les conditions de jeu, le petit monde du foot de la télé n'a aucun intérêt à voir son rôle évolué : inquisiteur et dompteur de braise. Puisque l'image nécessite un traitement passionnel et conflictuel de l'information, le changement de perception de l'arbitrage passera par le monstre qu'ils ont eux-mêmes créé. En désacralisant le rôle de l'arbitre, on n'évitera malheureusement pas le fait-divers un dimanche matin, dans un obscur stade champêtre ou de banlieue. C'est à ce prix que les médias accepteront de se poser en garant de la justice et de l'éthique et de solliciter l'ensemble des acteurs du football à soutenir leur cause dans un grand élan de pathos.

Éthique et justice, deux valeurs dont les arbitres sont censés être les dépositaires justement.



 

 

 
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Oui bon, pour revenir sur cette finale de coupe de la ligue... le contre parisien fait suite à une autre erreur d'arbitrage. Un corner non sifflé pour Lens et pourtant diffusé sur les écrans géants du stade... tout le monde l'a revu, même Duhamel. Quand à la faute, si discutable, la psychologie de l'arbitre n'aurait-elle pas du le pousser à s'abstenir et à laisser jouer des prolongations qui seraient intervenues 20 secondes plus tard. Ah et puis Mendy s'arrête dans sa course quand il tire son péno.

Je suis d'accord avec l'article mais trop peu d'arbitre ont l'honnêteté de reconnaitre leurs erreurs, et trop peu ne se prennent pas pour des cow-boy à la Chapron. Certains confondent leur rôle avec celui de policier et oublient qu'un bon arbitre est un arbitre qui sait se faire discret
lapocompris
05 Août 2011
L'arbitrage "vidéo" sera autorisé par la FIFA quand les techniques de truquage vidéo en temps-réel seront au point.
Arthur Michel
05 Août 2011
Lapocompris \o/
vincent
05 Août 2011
@Cédric quelle règle stipule que l'on n'a pas le droit d'arrêter sa course en tirant un pénalty? Ronaldo ne le fait-il pas très souvent quand il en tire un?.. Faut arrêter au bout d'un moment..
@Arthur Michel : Vous écrivez : "Certes Ayew exagère sa chute, mais sur ces images, y'a t'il eu contact ?" Pas (encore) vérifié sur la règle, mais il me semble bien que la notion de contact soit définie. Il y a faute quand le "contact" provoque la chute, c'est à dire un croc-en-jambe, ou une gène empéchant de jouer le ballon ensuite, donc une obstruction. Si un joueur exagère sa chute, c'est que le "contact" n'est pas suffisant pour le faire tomber ou le déséquilibrer. Dans ce cas là, il y a simulation de l'attaquant (alors averti) et faute en faveur de la défense.
Arthur Michel
05 Août 2011
@Didinho

C'est la loi 12. Tu trouveras les 10 raisons qui poussent l'arbitre à siffler une faute sur wiki.

Sur le principe, je te l'accorde, mais en pratique, l'appréciation de l'arbitre prévaut. Perso, je trouve que Ayew exagère sa chute, d'autres te diront que non.

@Vincent Dans les "Lois du jeu" il y a une circulaire intitulée "TIREUR USANT DE TRICHERIE"
Il est précisé que "Lors de l'exécution d'un coup de pied de réparation, le tireur au moment du botté, use de tricherie lorsqu?il y a feinte du geste de tir sans toucher le ballon." C'est à l'arbitre d'apprécier, si dans sa course d'élan (ralentie fortement, voire arrêtée), le tireur l'accompagne ou non d'une feinte de tir.
Toutes les "Lois du jeu" sont disponibles à cette adresse : http://bit.ly/r7NC0G

vincent
05 Août 2011
@Didinho da Calderao: on est bien d'accord, il y a une réelle différence entre feinte du geste de tir et arrêt dans la course... donc aucune règle n'interdit une pause ou un ralentissement de la course d'élan précédant un penalty (si non accompagnée d'une feinte de frappe).
ici, sur le penalty de Mendy, il n'y a aucune feinte de frappe, donc aucune polémique là dessus
robert
06 Août 2011
Le cas le moins difficile à gérer dans vos exemples me semble être celui d'Allemagne-Angleterre avec la question du franchissement de la ligne de but. Siffler faute ou hors-jeu est souvent difficile car sujet à interprétation, preuve en est qu'on peut changer d'avis en fonction des angles de caméra.

Pour un ballon qui a franchi la ligne, les choses sont plus claires : c'est dedans ou dehors, point. Dans le cas d'un Allemagne-Angleterre avec la vidéo, l'arbitre siffle une fois que Neuer a le ballon en mains et on vérifie.

Votre argument quant à la rapidité de la contre-attaque allemande (pour foncer vers le but de David James ;-)) est amusant dans la mesure où Neuer a admis après le match qu'il a relancé le plus rapidement possible pour éviter que tout le monde se focalise là-dessus.

Pas plus que le hawk-eye n'a à ma connaissance défiguré le tennis, la vidéo dans ce cas précis me paraîtrait justifiée.
D'abord car la situation est très rare, donc il n'y aurait pas d'interruption de jeu toutes les 5 minutes et ensuite à nouveau car il ne s'agit pas d'une interprétation (genre main volontaire/involontaire, faute/pas faute...), que ça n'implique pas directement les acteurs et n'augmenterait donc pas la tension sur le terrain (quel joueur allemand irait râler contre le but accordé en voyant le ballon qui est rentré?).
Enfin, puisque même si les exemples de cette nature sont rares, leurs conséquences n'en sont pas moins importantes ; une équipe qui se fait éliminer d'une compétition qui n'a lieu que tous les 4 ans dans ces conditions peut se sentir légitimement flouée.
Arnaud
12 Août 2011
Bonjour,
J'ai découvert votre site il y a peu de temps (je suis les cahiers et le blog "une balle dans le pied" depuis plus longtemps). Le football que l'on aime est en train de mourir peu à peu. Je suis supporter du Paris Saint Germain, et c'est très dur depuis un an. Entre un Parc des Princes qui ne ressent plus rien, l'interdiction de suivre son équipe à l'extérieur, le rachat par les Qataris, je ne me retrouve plus dans ce club. Je n'y ai plus ma place. Ajouter à tout ça, le traitement par Canal + et des principaux médias de l'arbitrage, comme dirait un ancien coach de mon équipe préférée : "j'ai vomi".
Le foot me dégoûte, je n'ai plus qu'un espoir, c'est de voir cette bulle explosée, et que l'on reparte sur des bases saines.
Merci pour votre site
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