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Portsmouth est-il le nouveau Wimbledon AFC ?

Portsmouth est-il le nouveau Wimbledon AFC ?

Rétrogradé à l’issue de la fin de l’édition 2011-2012 de la NPower Championship en troisième division anglaise, le club de Portsmouth n’est plus que l’ombre de celui qui réussit à gagner la Cup en 2008, victime de dirigeants véreux et incompétents. Aux portes du dépôt de bilan, le club en appelle aujourd’hui à la participation financière de ses supporters.

Rétrogradé à l’issue de la fin de l’édition 2011-2012 de la NPower Championship en troisième division anglaise, le club de Portsmouth n’est plus que l’ombre de celui qui réussit à gagner la Cup en 2008, victime de dirigeants véreux et incompétents. Aux portes du dépôt de bilan, le club en appelle aujourd’hui à la participation financière de ses supporters.


Oh oh oh, jolie Pompey
 

Portsmouth ressemble à tant de clubs qui ont voulu grandir trop vite. L’ambition de l’homme d’affaires franco-israélien Alexandre Gaydamak est à l’origine du début des déboires du club. Après avoir végété trois saisons en Premier League, l’homme d’affaires dont le père est propriétaire du Bétar Jérusalem met à disposition des fonds importants pour bâtir un club compétitif.

Défilent alors gloires passées et joueurs d’avenir tels que Peter Crouch, Jermaine Defoe ou Lass Diarra, coachés par Harry Redknapp, qui aspire enfin à quitter West Ham après 7 ans de bons et loyaux services. “Pompey” décolle et en 2008 il décroche même une place en Coupe UEFA suite à leur victoire en Cup face à Cardiff.

Les embrouilles démarrent une fois Redknapp parti du côté de Tottenham en 2008. Tony Adams s’avère un piètre entraîneur et le club s’écroule, jusque la dramatique saison 2009-2010 où le club épuise quatre dirigeants, trois entraîneurs et engage même Frédéric Piquionne. Portsmouth demande une dérogation pour se séparer de ses joueurs au cours de la saison, ses caisses étant vides. Peine perdue, la ligue anglaise refuse et inflige une pénalité de 9 points au club de l’Hampshire qui ira purger sa punition en deuxième division.
 

Nwanko Kanu, âgé aujourd'hui de 35 ans est au club depuis 2006.



Pompey de bien haut
 

Racheté par un homme d’affaire d’Hong-Kong, Balram Chainrai, les supporters espèrent enfin un peu de stabilité. Le club finit la saison 2010-2011 à la 16e place qui conduit son nouveau président à se débarrasser de son jouet au profit d’un consortium russe, le Convers Sport Initiatives, sous l’autorité de Vladimir Antonov, énième oligarque russe à acheter un club.

L’équilibre financier est précaire mais la League continue à enfoncer la tête sous l’eau au club. Pour avoir changé plus de deux fois de dirigeants en trois saisons, elle lui impose une pénalité de 10 points. Pompey termine à la dernière place et repartira la saison prochaine en NPower League 1, l’équivalent de la troisième division.


Au feu, les Pompey, il y a la maison qui brûle
 

Est-ce la fin des emmerdes pour le principal rival de Southampton ? Les supporters osent y croire et décident de s’en mêler. Le Pompey Supporters Trust voit le jour sur une idée originale que nous vous avions déjà exposé dans l’article “La chouette histoire de Wimbledon AFC”.

En versant chacun 100 livres, l’association espère faire l’acquisition du club. Linvoy Primus, ancien défenseur du club a même été désigné porte-parole de la cause.
 


Selon The Economist, un récent sondage à la sortie du stade a démontré que les supporters seraient prêts à investir afin d’obtenir la possibilité de s’exprimer sur le devenir de leur club. Un ras-le-bol qu’expriment plusieurs associations de supporters anglais à l’égard des dirigeants, dont les nouveaux arrivants sont souvent de riches hommes d’affaire qui n’ont rien à faire avec le foot. Outre l’AFC Wimbledon, le club de Darlington (5e division) ou de Ebbsfleet United (5e division) se lancent dans l’aventure.

Un modèle qui semble fonctionner à Wimbledon, un peu moins à Ebbsfleet où l’enthousiasme une fois retombé a fait fuire les supporters/investisseurs (de 32.000 à 1.400 cette année) et qui nécessite pour Jessica Mc Queen, la directrice, un apport de 50.000 livres supplémentaires d’un investisseur étranger si le club souhaite survivre...



 

 
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Et ouais Arthur, la formidable aventure de ce qu?on appelle en Angleterre les « supporter-owned clubs » (ou fan-owned clubs) continue de plus belle, sous des régimes et fonctionnements divers.

Enfin, c?est pas gagné pour le Pompey Supporters Trust, faut qu?il collecte la bagatelle de 8M (et ensuite régler leur compte avec les créanciers, dont HMRC, le fisc anglais, de plus en plus remonté de se faire entuber par les footeux?).

Un mot rapide sur Portsmouth actuellement, c?est un peu compliqué, comme toujours dans ces cas-là. Et à Pompey, c?est dix fois plus compliqué qu?ailleurs depuis 2009. Saison 2009-2010, Pompey réussit même l?exploit d?avoir quasiment plus de propriétaires que de victoires en championnat !

Pompey est toujours en redressement judiciaire, depuis plus de deux ans. Les dettes y sont toujours énormissimes (plus de 60M £) et les administrateurs négocient actuellement un deal-remboursement à 2 % avec les pauvres créanciers (c?est courant, souvent c?est même 1 % ! ).
Donc ça réduirait les dettes « unsecured » à moins du million de £. Les dettes « secured » (à tout créancier lié au football, comme joueurs, clubs, etc.) devront être remboursées intégralement, elles sont de + de 20M, la plupart pour Chainrai d'ailleurs.

Le Pompey Supporters Trust (PST) prépare depuis presque trois mois un deal de rachat du club auprès de l?administrateur (offre qui sera examinée sous 8 jours).

En face, la société Portpin (celle du proprio actuel, Balram Chainrai) affute elle aussi ses armes et semblerait avoir les faveurs de l?administrateur, au jour d?aujourd?hui, mais tout va très vite dans ce dossier insaisissable. Il y a 2 semaines, l?administrateur a reçu favorablement les propositions de Portpin de re-reprendre le club après la faillite de l?ancien propriétaire y?a 6 mois (Convers Sports Initiatives).

Je vois pas trop comment le PST va réunir autant d?argent en si peu de temps (je sais, au départ, ce ne sont que des promesses de dons, mais 8M ça chiffre !). C?est l?administrateur qui choisira le repreneur (après un meeting des créanciers principaux, dont la Football League et le Fisc anglais).

Sans faire l?historique du movement des « supporter-owned clubs », parmi les clubs professionnels, ce sont les Cobblers (cordonniers) de Northampton Town (D4) qui ouvrirent le bal en 1994, après la faillite du club. Cela faisait suite à tout un tas d'initiatives de supporters nées dans les années 80, dont les fanzines et la Football Supporters' Association, devenue la FSF depuis (200 000 membres il me semble).

En Janvier 2000, une organisation clé voit le jour : Supporters Direct. Grâce à Tony Blair d?ailleurs (et sa feu Football Task Force, juillet 1997-déc. 1999, souvent décriée mais qui accoucha de quelques bons trucs).
Basée dans le centre de Londres, dans les locaux de Sport England, SD aide et coordonne les diverses initiatives, comme celle du Dons Trust de l?AFC Wimbledon, en 2002. Elle emploie aujourd?hui une dizaine de personnes.

Ensuite, Swansea, en 2001, après d?énormes difficultés financières, évidemment (seulement détenu à 20 % par les supps cependant, le Swans Trust, 1 membre au directoire, sur 11 sièges). Le club appartient à quatre groupes de businessmen plus ou moins locaux, dont l?actuel président du club, Huw Jenkins (hommes d'affaires ont chacun entre 10 et 22 % des actions).

Puis viendront Exeter, D3 (sauvé par le Exeter City Supporters Trust en 2003, post-ère? Michael Jackson), les supps y ont la majorité de l?ownership.

Puis les Red Rebels (semi-pro), le FC United of Manchester (D7), en juin 2005, en protestation à la reprise du club par les Glazer et au foot business. D?ailleurs, les Dons les ont bien aidés à monter le club. Supporters Direct avait aussi énormément aide l?AFC Wimbledon (aujourd?hui en D4) à se former.

Puis Brentford en 2006, club londonien de D3 managé par l?ex international est allemand Uwe Rösler (club qui perdra cependant son statut de « supporter-owned club » en 2014, c?est prévu comme ça dans les statuts).

Suivit en 2007 le désormais fameux club internet, Ebbsfleet (semi-pro), et les votes des Internautes pour décider qui aligner? (en fait, deux seuls votes eurent lieu, c?était trop le bordel avec le manager, et des types qui ont jamais vu les joueurs jouer et votent de Hong-Kong deux jours avant le match, bon c?est folklorique mais ça plaisait plus trop à l?entraîneur).

Et enfin, Wrexham (grosse cylindrée de D5, club 100 % professionnel), en 2011.

Darlington est le dernier venu au club (les Quakers vont probablement redémarrer en D9 d?ailleurs). Un mini-Portsmouth ce Darlo, il règne dans ce club un bordel pas possible (et folklorique !) depuis des années (c?est pas loin de chez moi, je connais bien, quasiment tous les soirs aux actus régionales...). Les supps ont racheté le club 100 000 £ y?a quelques semaines et doivent collecter encore plus de 200 000 £.

Voir la carte des principaux supporter-owned clubs sur ce site indispensable :

http://billsportsmaps.com/wp-content/uploads/2011/12/england_supporter-owned-football-clubs_2010-11attendances_map-of-the-21-fan-owned-clubs_t.gif
Arthur Michel
14 Juin 2012
Merci pour ce commentaire Kévin !
Boriska
14 Juin 2012
Je voudrais juste savoir à quoi sert ce sucre d'orge gris/blanc qui tourbillonne quand on passe la souris dessus.
Arthur Michel
14 Juin 2012
c'est un "barber pole" (désolé, je ne connais pas le nom en français), ce sont des panneaux qui tournent et que l'on trouve sur les vitrines des barbiers d'antan.
jerome
26 Juin 2012
c'est une idée pour le RCL, à l'allure où vont les choses. Point de russes, de quataris, de hong kongais à l'horizon pour Gervais.

A moins que Sensas revende le brussels café pour racheter le club!!